Archives par mot-clé : Vincent VOITURE

Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j'adore,
L'autre soir apparut si brillante en ces lieux,
Qu'à l'éclat de son teint et celui de ses yeux,
Tout le monde la prit pour la naissante Aurore.

La Terre, en la voyant, fit mille fleurs éclore,
L'air fut partout rempli de chants mélodieux,
Et les feux de la nuit pâlirent dans les Cieux,
Et crurent que le jour recommençait encore.

Le Soleil qui tombait dans le sein de Thétis,
Rallumant tout à coup ses rayons amortis,
Fit tourner ses chevaux pour aller après elle.

Et l'Empire des flots ne l'eût su retenir ;
Mais la regardant mieux, et la voyant si belle,
Il se cacha sous l'onde et n'osa revenir.

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Belles fleurs, dont je voy ces jardins embellis,
Chastes Nymphes, l'Amour et le soin de l'Aurore,
Innocentes beautez que le Soleil adore,
Dont l'éclat rend la Terre et les Cieux embellis.

Allez rendre l'hommage au beau teint de Philis,
Nommez-la vostre Reine, et confessez encore,
Qu'elle est plus éclattante et plus belle que Flore,
Lors qu'elle a plus d'oeillets, de roses, et de lis.

Quittez donc sans regret ces lieux et vos racines,
Pour voir une beauté, dont les graces divines,
Blessent les coeurs des Dieux d'inévitables coups ;

Et ne vous faschez point si vous mourez pour elle,
Aussi-bien la cruelle
Fera bientost mourir tout le monde apres vous.

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Il faut finir mes jours en l'amour d'Uranie,
L'absence ni le temps ne m'en sauraient guérir,
Et je ne vois plus rien qui me pût secourir,
Ni qui sût r'appeler ma liberté bannie.

Dès long-temps je connais sa rigueur infinie,
Mais pensant aux beautés pour qui je dois périr,
Je bénis mon martyre, et content de mourir,
Je n'ose murmurer contre sa tyrannie.

Quelquefois ma raison, par de faibles discours,
M'incite à la révolte, et me promet secours,
Mais lors qu'à mon besoin je me veux servir d'elle ;

Après beaucoup de peine, et d'efforts impuissants,
Elle dit qu'Uranie est seule aimable et belle,
Et m'y r'engage plus que ne font tous mes sens.

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Si haut je veux louër Sylvie,
Que tout autre en meure d'envie :
Sa personne est pleine d'appas,
Les Amours naissent sous ses pas,
Et c'est par eux qu'elle est servie.

De cent vertus elle est suivie,
Son coeur tient mon ame ravie,
Et les Conquerans ne l'ont pas
Si haut.

Quoy que mon amour m'y convie,
Ma langue au secret asservie,
N'ose parler d'un certain cas ;
Je diray seulement tout bas,
Que je n'en vis un de ma vie
Si haut.

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Ou vous sçavez tromper bien finement,
Ou vous m'aimez assez fidelement,
Lequel des deux, je ne le sçaurois dire,
Mais cependant je pleure et je soupire,
Et ne reçois aucun soulagement.

Pour vostre amour j'ay quitté franchement
Ce que j'avois acquis bien seurement ;
Car on m'aimoit, et j'avois quelque empire
Où vous sçavez.

Je n'attens pas tout le contentement
Qu'on peut donner aux peines d'un Amant,
Et qui pourroit me tirer de martyre,
A si grand bien mon courage n'aspire ;
Mais laissez-moy vous toucher seulement
Où vous sçavez.

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Pour vos beaux yeux qui me vont consumant,
L'Amour n'a point de peine et de tourment,
De feu cuisant, ny de cruel martyre,
Que de bon coeur je ne voulusse élire,
Et qu'on ne doive endurer doucement.

Tout l'Univers n'a rien de si charmant,
Et s'il estoit sous mon commandement,
Je quitterois volontiers son empire
Pour vos beaux yeux.

Toute la cour vous sert également ;
Mais quant à moy, si je vous vais aimant,
Ne croyez pas que par là je desire
Cette faveur où tout le monde aspire
Car je vous ayme et vous sers seulement
Pour vos beaux yeux.

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Cinq ou six fois cette nuict en dormant,
Je vous ay veuë en un accoustrement,
Aupres duquel rien ne me sçauroit plaire,
La jupe estoit d'une opale tres-claire,
Et vostre robe estoit un diamant.

Rien n'est si beau dessous le firmament,
L'Astre du jour brille moins clairement,
Et vous passiez sa lumiere ordinaire
Cinq ou six fois.

Que le sommeil nous trompe vainement !
Par avanture en ce mesme moment
Vous vous trouviez en estat bien contraire :
Mais à propos, comment va cette affaire ?
Avez-vous bien esté tout doucement
Cinq ou six fois ?

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Plaise à la Duchesse très-bonne,
Aux yeux très-clairs, aux bruns cheveux,
Reine des flots de la Garonne,
Dame du Loth, et de tous ceux
Qui virent jamais sa personne.

De laisser entrer franchement,
Sans peine et sans empêchement,
Un homme au lieu de sa demeure
Qui, s'il ne la voit promptement,
Enragera dedans une heure.

On a pour lui trop de rigueur
Chez vous, et tout haut il proteste,
Que par un larcin manifeste,
On retient son âme et son coeur,
Et que l'on ne veut pas le reste.

L'un est dedans, l'autre dehors,
Et l'un et l'autre est tout en flamme,
Il est raisonnable, Madame,
Ou que l'on reçoive son corps,
Ou que l'on lui rende son âme.

Il se voit pris comme au lacet,
Et souffre un étrange supplice :
Mais le pauvret est sans malice,
Ne refusez pas son Placet,
Car sans doute il est de justice.

Il a trop souffert de moitié ;
Au nom de sa ferme amitié,
Consolez son âme abattue,
Ou dites au moins par pitié,
A vôtre Suisse, qu'on le tue.

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D'un buveur d'eau, comme avez débattu,
Le sang n'est point de glace revêtu,
Mais si bouillant et si chaud au contraire
Que chaque veine est en eux une artère
Pleine de sang, de force et de vertu.

Le feu par l'eau faiblement combattu,
Croissant sa force au lieu d'être abattu,
Va redoublant la chaleur ordinaire
D'un buveur d'eau.

Toujours de preux le renom ils ont eu,
Ils ont l'estoc bien ferme et bien pointu,
Chauds en amour, et plus chauds en colère,
Si que ferez fort bien de vous en taire,
Qu'un de ces jours vous ne soyez battu
D'un buveur d'eau.

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Pour vos beaux yeux autheurs de mon trespas,
Hier dans le Ciel se firent maints combats,
L'Amour ayant dit tout haut à sa mere,
Qu'ils surpassoient en douceur et lumière
Ceux de là haut, comme ceux d'icy bas.

Mars avoüa qu'ils avoient plus d'appas,
Saturne mesme alors hastant le pas,
Vint l'approuver, et parut moins severe
Pour vos beaux yeux.

La belle Iris, et la fiere Pallas,
Quoy qu'on en dist, n'y consentirent pas,
Venus pensa s'étrangler de colere,
Tout est brouïllé dans la dixième Sphere,
Et tout le Ciel est remply de debats
Pour vos beaux yeux.

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