Archives par mot-clé : Paul-Jean TOULET

Boulogne, où nous nous querellâmes
Aux pleurs d'un soir trop chaud
Dans la boue ; et toi, le pied haut,
Foulant aussi nos âmes.

La nuit fut ; ni, rentrés chez moi,
Tes fureurs plus de mise.
Ah ! de te voir nue en chemise,
Quel devint mon émoi !

On était seuls (du moins j'espère) ;
Mais tu parlais tout bas.
Ainsi l'amour naît des combats :
Le dieu Mars est son père.

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Est-ce moi qui pleurais ainsi
– Ou des veaux qu'on empoigne –
D'écouter ton pas qui s'éloigne,
Beauté, mon cher souci ?

Et (je t'en fis, à pneumatique,
Part, – sans aucun bagou)
Ces pleurs, ma chère, avaient le goût
De l'onde adriatique.

Oui, oui : mais vous parlez de cri,
Quand je repris ma lettre.
Grands dieux !… J'aurais mieux fait, peut-être,
D'écrire à son mari.

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Géronte d'une autre Isabelle,
A quoi t'occupes-tu
D'user un reste de vertu
Contre cette rebelle ?

La perfide se rit de toi,
Plus elle t'encourage.
Sa lèvre même est un outrage.
Viens, gagnons notre toit.

Temps est de fuir l'amour, Géronte,
Et son arc irrité.
L'amour, au déclin de l'été,
Ni la mer, ne s'affronte.

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Au mois d'aimer, au mois de Mai,
Quand Zo' va cherchant sous les branches
Le bien-aimé,

Son jupon, tendu sur les hanches ;
Me fait songer à l'aile blanche
Du voilier

Mers qui battez au pied des mornes
Et dont un double Pilier.
Dressa les bornes.

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J'ai beau trouver bien sympathique
Feu Loufoquadio,
Ses Japs en sucre candiot,
Son Bouddha de boutique ;

Faime mieux le subtil schéma,
Sur l'hiver d'un ciel morne,
De ton aérien bicorne,
Noble Foujiyama,

Et tes cèdres noirs, et la source
Du temple délaissé,
Qui pleurait comme un coeur blessé,
Qui pleurait sans ressource.

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Comme à ce roi laconien
Près de sa dernière heure,
D'une source à l'ombre, et qui pleure,
Fauste, il me souvient ;

De la nymphe limpide et noire
Qui frémissait tout bas
– Avec mon coeur – quand tu courbas
Tes hanches, pour y boire.

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Molle rive dont le dessin
Est d'un bras qui se plie,
Colline de brume embellie
Comme se voile un sein,

Filaos au chantant ramage –
Que je meure et, demain,
Vous ne serez plus, si ma main
N'a fixé votre image.

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Le sonneur se suspend, s'élance,
Perd pied contre le mur,
Et monte : on dirait un fruit mûr
Que la branche balance.

Une fille passe. Elle rit
De tout son frais visage :
L'hiver de ce noir paysage
A-t-il soudain fleuri ?

Je vois briller encor sa face,
Quand elle prend le coin.
L'Angélus et sa jupe, au loin,
L'un et l'autre, s'efface.

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Toi qu'empourprait l'âtre d'hiver
Comme une rouge nue
Où déjà te dessinait nue
L'arôme de ta chair ;

Ni vous, dont l'image ancienne
Captive encor mon coeur,
Ile voilée, ombres en fleurs,
Nuit océanienne ;

Non plus ton parfum, violier
Sous la main qui t'arrose,
Ne valent la brûlante rose
Que midi fait plier.

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Ces premiers froids que l'on réchauffe d'un sarment,
– Et des platanes d'or le long gémissement,
– Et l'alcôve au lit noir qui datait d'Henri IV,
Où ton corps, au hasard de l'ombre dévêtu,
S'illuminait parfois d'un rouge éclair de l'âtre,
Quand tu m'aiguillonnais de ton genou pointu,
Chevaucheuse d'amour si triste et si folâtre ;
– Et cet abyme où l'on tombait : t'en souviens-tu ?

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