L'hiver bat la vitre et le toit.
Il fait bon dans la chambre,
A part cette sale odeur d'ambre
Et de plaisir. Mais toi,
Les roses naissent sur ta face
Quand tu ris près du feu…
Ce soir tu me diras adieu,
Ombre, que l'ombre efface.
L'hiver bat la vitre et le toit.
Il fait bon dans la chambre,
A part cette sale odeur d'ambre
Et de plaisir. Mais toi,
Les roses naissent sur ta face
Quand tu ris près du feu…
Ce soir tu me diras adieu,
Ombre, que l'ombre efface.
Dessous la courtine mouillée
Du matin soucieux,
Tu balances, harmonieux,
Ta branche dépouillée,
Beau peuplier qui de l'été
Fais voir encor la grâce
Pourquoi l'âge a-t-il sur ma face
Aboli ma fierté ?
Dans la saison qu'Adonis fut blessé,
Mon caeur aussi de l'atteinte soudaine
D'un regard lancé.
Hors de l'abyme où le temps nous entraîne,
T'évoquerai-je, ô belle, en vain – ô vaines
Ombres, souvenirs.
Ah ! dans mes bras qui pleurais demi-nue,
Certe serais encore, à revenir,
Ah ! la bienvenue.
Sur la banquette en moleskine
Du sombre corridor,
Aux flonflons d'Offenbach s'endort
Une blanche Arlequine.
… Zo' qui saute entre deux MMrs,
Nul falzar ne dérobe
Le double trésor sous sa robe
Qu'ont mûri d'autres cieux.
On soupe… on sort… Bauby pérore…
Dans ton regard couvert,
Faustine, rit un matin vert…
… Amour, divine aurore.
C'était, dans les vapeurs du nard,
Un cri, des jeux infâmes,
Et ces yeux fatals qu'ont les femmes
Du cruel Fragonard.
Parfois, pour ranimer l'orgie,
Brillait un sang nouveau.
Bacchus, rose comme le veau,
Cuvait sa nostalgie.
Cet air des 'Brigands' l'attristait.
Il voulait qu'on s'en aille.
Une voix se tut. La canaille
Dansait, et sanglotait.
Géronte d'une autre Isabelle,
A quoi t'occupes-tu
D'user un reste de vertu
Contre cette rebelle ?
La perfide se rit de toi,
Plus elle t'encourage.
Sa lèvre même est un outrage.
Viens, gagnons notre toit.
Temps est de fuir l'amour, Géronte,
Et son arc irrité.
L'amour, au déclin de l'été,
Ni la mer, ne s'affronte.
Iris, à son brillant mouchoir,
De sept feux illumine
La molle averse qui chemine,
Harmonieuse à choir.
Ah, sur les roses de l'été,
Sois la mouvante robe,
Molle averse, qui me dérobe
Leur aride beauté.
Et vous, dont le rire joyeux
M'a caché tant d'alarmes,
Puissé-je voir enfin des larmes
Monter jusqu'à vos yeux.
Longtemps si j'ai demeuré seul,
Ah ! qu'une nuit je te revoie.
Perce l'oubli, fille de joie,
Sors du linceul.
D'une figure trop aimée,
Est-ce toi, spectre gracieux,
Et ton éclat, cette fumée
Devant mes yeux ?
Ta pâleur, tes sombres dentelles,
Le bal qui berçait nos pieds las,
Un corps qui plie entre mes bras :
Je me rappelle…
Quand nous fûmes hors des chemins
Où la poussière est rose,
Aline, qui riait sans cause
En me touchant les mains ; -
L'Écho du bois riait. La terre
Sonna creux au talon.
Aline se tut : le vallon
Etait plein de mystère…
Mais toi, sans lymphe ni sommeil,
Cigale en haut posée,
Tu jetais, ivre de rosée,
Ton cri triste et vermeil.
Ô poète, à quoi bon chercher
Des mots pour son délire ?
Il n'y a qu'au bois de ta lyre
Que tu l'as su toucher.
Plus haut que toi, dans sa morphine,
Chante un noir séraphin.
Ma nourrice disait qu'Enfin
Est le mari d'Enfine.