Siméon-Guillaume de LA ROQUE (1551-1611) : Je me vais comparant à la mer vagabonde

Je me vais comparant à la mer vagabonde
Où vont toutes les eaux de ce grand univers,
Parce que mes ennuis et mes soucis divers
Descendent de mon coeur d'une fuite seconde.

La mer pour le tribut qui de son sein abonde
Ne surpasse jamais ses hauts bords découverts,
Et pour extrême flux de mes tourments soufferts,
Mon coeur ne peut sortir des limites du monde.

Si les vents par la mer font émouvoir les flots,
Mon coeur est agité de mes cruels sanglots.
L'un est sujet d'Amour, et l'autre de Neptune,

Ils s'arrosent tous deux d'une amère liqueur,
Il est vrai que la mer parfois est sans fortune,
Mais las ! je sens toujours la tempête en mon coeur.

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