Le 7 avril 2006

Un jour, dans un square,
un enfant jouait avec sa petite voiture.
Il riait, il chantait, dans le soir,
inventant toutes sortes de créatures.

Vroum, Vroum, disait-il,
alors que la nuit commençait tomber.
Il était seul, comme un grand,
du haut de ses cinq ans,
dans le bac poudre de verre
du paradis de son univers
triste et solitaire.
Pas de copain, pas de copine,
mais le coquin, d’humeur câline
n’avait nullement besoin
du monde des humains.
Je suis grand, je suis fort,
comme Tarzan, plus encore !…
Et sa voiture se mis grandir
et commença de se nourrir:
une pelle, un seau,
une poubelle, des ciseaux…
Fais comme moi ! Lui dit-elle.
Mange des clous, des ficelles !
Et tu verras comme par magie
tes jambes pousseront, tes bras aussi…Et tu pourras crier haut et fort:
Je suis géant, je suis Musclor
et j’ai pas peur de tout ces morts
qui m’attaquent et jettent des sorts.
L’enfant se redressa alors,
fouilla les environs
et sur la grande île aux trésors
il trouva des champignons
qu’il avala sans précaution.
Ce qui devait arriver arriva:
l’enfant tomba malade,
et sur son lit d’hôpital
il pensait l’erreur fatale
d’écouter sa voiture raconter des salades.

Le 7 avril 2006

Le souffle du vent
travers les interstices de ma fenêtre
entretient mon ennui
par ce jour de sale temps.
Il pleut, il pleut bergère…
Bah oui ! il pleut…
Que veux-tu faire ?
On habite Paris,
la ville de lumières,
de lumières de la nuit,
en plein jour…
Juste parce que le jour est sombre aujourd’hui.

Le 7 avril 2006

Cet après-midi l ,
le temps était la promenade.
Hugo et Maupassant
se baladaient gaiement
sur leur bicyclette bleue
dans les rues de Paris.
C’est alors qu’au détour d’une allée,
par un destin bien tragique,
les deux hommes se sont percutés
sur l’île de la cité.
A moitié sonnés sur leur sonnette,
ils se sont relevés en titubant,
se sont regardé,
ont esquissé un sourire,
et ont dit en même temps:

Les grands esprits se rencontrent !…

Le 7 avril 2006

L où tous les bâtons ont coulé
L où tant d’organes ont pleuré
Je me suis perdu
Comme tant d’autres
Dans ce triangle incomparable
De cette fille invulnérable
Qui n’était autre que …

L’eunuque de tout l’heure !…

Le 7 avril 2006

Le téléphone est pratique
Le Minitel fantastique
Mais comme le dit Brigitte:
“ Avec ou sans fil,
Le téléphone s’enfile !… ”

Le 7 avril 2006

La société privilégie les riches
La justice ne fonctionne que pour les riches
L’argent ne parvient qu’aux riches
La chance ne sourit qu’aux riches
Les riches ne fréquentent que les riches
Même les rimes sont riches
La joie n’est que pour les riches
Les belles filles aussi
Mais je ne veux pas être riche
Je veux juste que la société soit plus juste
Que la justice soit plus juste
Que l’argent, que l’argent, …
Que l’argent disparaisse
Que la chance se partage
Comme la joie,
Et les filles…
Je veux un monde utopiste
Que même les anarchistes
Ne sauraient perturber
Que LA religion,
Car il n’y en aurait qu’une,
Que LA religion envierait
Voil ce que je veux.

Le 7 avril 2006

Un eunuque en chaleur
Contemple le bonheur oublié
Qui jadis faisait peur,
Peur en rigoler
Et en pleurer aussi
Il se regardait dans le miroir
Seul, un soir
Un soir de pleine lune
Et sans raison aucune,
Il se mit rire, rire,
A rire aux éclats
Puis, le souvenir vint perturber
Cette solitude juvénile
Qu’il avait prohibé
De son slip en vinyle
Sa mine changea de mine,
Son rire s’évapora
Lorsque la nostalgie
S’empara de lui
L’eunuque versatile
Désormais infertile
Songeait son organe érectile
Il se regardait, de haut en bas,
De bas en haut
Et puis se disait, tout bas
Que ça sonnait faux
Un corps d’homme
Des seins de femme
Un sexe intérieur
Dans sa tête, dans son coeur
Il avait froid et peur
Peur de se qu’il sera
Peur de se qu’il deviendra
Dans son monde trop étroit
Où les gens dilapident
L’intransigeance stupide
D’une société égoïste
Et je-m’en-foutiste

Le 7 avril 2006

Un soir au mois d’Août
par un temps bien trop doux
je prenais le métro
avec rien sur le dos
Arrivé La Fourche
c’étaient pas les 3 douches
qui allaient m’empêcher
de suer sur mes pieds
Je coulais, je coulais, je coulais
je coulais tellement
que tous mes vêtements
étaient trop humides
pour retenir les lipides
qui s’évadaient de moi
Un accordéoniste est entré,
un peu trop mal fringué
pour que quiconque le prenne
pour autr’ chose qu’un clochard
Il m’a tué les oreilles
et arraché le soleil
qui s’était incrusté
dans mon coeur excédé
par tant de misère
Un soir au mois d’Août
par un temps bien trop doux
je prenais le métro
et j’en avais plein le dos.

Le 7 avril 2006

La vie est dure pauvre Terrien
Vision obscure et puis plus rien.
Prisonnier de l’amour-passion
Qui nous fait perdre la raison
Sans nous laisser une chance
De retrouver notre enfance.
Sans soucis
Sans ennuis
Pleine d’envies qui s’enfuient.
L’amour naïf et pur
Qui reviendra j’en suis sûr
Nous remplir de vie.

Le 7 avril 2006

Je m’en vais vous compter
une histoire fantastique,
expliquant la sexualité
des mouches helvétiques.
Il fût un temps,
bien lointain naguère,
où une mouche d’antan
faisait sa prière.
Elle était accroupie
sur une crotte de bique
invoquant sa myopie
au grand dieu des lombrics.

C’était quelque chose comme ça:

“ Oh, Dieu des lombrics…
qu’ai-je pu faire par le passé
pour mériter ta volonté gnostique ?
Tu m’as donné tant d’yeux
qui ne me servent rien,
mais je t’implore mon Dieu,
moi, le simple terrien ! ”

“ Suffit ! ”, dit le dieu des lombrics.
“ Tu n’as certes pas une bonne acuité,
mais tu ne connais pas le secret…
le secret de ta fécondité !…

Vas ! Trouves la mouche dorée,
sur le chemin du pouvoir,
le chemin vénéré,
entre les barrières immenses
des montagnes Alpines. ”

Puis il disparut.
La mouche, intriguée par l’idée de draguer
prit ses pattes son cou
et partit en faire quatre cents…
“ J’en suis sure, y’a rien voir ! ”,
dit-elle dans un élan émancipateur.

C’est toute de noir vêtue
que la mouche disparut
dans la moiteur herbacée
d’une prairie violacée
par un soleil perforateur.
Le périple de sa quête
serait trop long expliquer
mais sachez que la mistinguette
en réellement bavé.
Arrivée Davos,
dans les Alpes Rhétiques,
la mouche reprit son souffle
oublié dans ce voyage érotique.
“ Mouche dorée, 10 Km ”,
lisait-elle sur une pancarte
qu’ils avaient dû omettre
d’indiquer sur sa carte.

Romaric, la mouche dorée,
vivait dans un palace.
Une espèce de diarrhée
complètement dégueulasse
qu’il venait d’acheter
une fourmi molasse.
A l’entrée de sa demeure
il y avait une foultitude de mouches
de toutes les couleurs
et de toutes les souches.
D’après l’impressionnante odeur
qui volait dans les airs,
elles étaient en chaleur
et toutes célibataires.

“ A la queue, comme tout l’monde ! ”,
criaient les plus fécondes.
Il faisait si chaud attendre debout,
que les mouches tombaient comme des mouches…
Elles entraient, une une
dans le royaume, et chacune
ressortait trois minutes après.
Lorsqu’arriva le tour
de la mouche nationale,
on entendit les tambours
de sa profondeur vaginale
qui résonnait dans les têtes
de celles qui chantaient tue-tête
l’hymne l’amour.

“ C’est donc toi que j’attends
depuis bien trop longtemps ! ”,
lançait Romaric en poursuivant.
“ C’est donc toi l’élue
qui engendrera la diversité
de notre race d’excitées ?!… ”,
lui faisant don d’une descendance
qui s’engouffra avec prestance
dans la machine fabriquer
des moucherons bien répliqués.

Peu de temps après,
les moucherons ont grandit,
se transformant en mouches
comme il était prédit.
Elles sillonnèrent le monde
en tournant sur elles-mêmes;
des mètres la ronde,
on les entendait quand même.

Elles se posent sur un bras,
on les repousse.
Elles se posent sur l’autre bras,
on les repousse nouveau,
et ainsi de suite…
Jusqu’ épuisement de l’un ou de l’autre.

C’est donc ainsi que s’est produit
l’histoire des mouches helvétiques
qui, par un destin tragique,
allaient nous gonfler pour la vie.

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