Marc de PAPILLON DE LASPHRISE (1555-1599) : Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi

Ô belle Noémie, approche, embrasse-moi,
Et ne m'allègue plus ma sainte ardeur éprise,
Disant que je m'en aille à Théophile exquise
A qui j'offris mes voeux premièrement qu'à toi.

Je me fâche vraiment de ce double renvoi
Qui fraude les loyers de ma brave entreprise :
Le grand Prince use ainsi d'une feinte remise
Pour égarer l'effet de sa douteuse foi.

Je crains que tu ne sois en cette humeur encline :
Sans cesse l'on retient de sa prime origine,
On a beau transplanter le rosier odorant,

Le tailler, le lier pour adoucir ses roses,
Toujours il pique un peu ; aussi fait ton coeur grand,
Bien que ton sang illustre ait des métamorphoses.

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