Je m’en vais vous compter
une histoire fantastique,
expliquant la sexualité
des mouches helvétiques.
Il fût un temps,
bien lointain naguère,
où une mouche d’antan
faisait sa prière.
Elle était accroupie
sur une crotte de bique
invoquant sa myopie
au grand dieu des lombrics.
C’était quelque chose comme ça:
“ Oh, Dieu des lombrics…
qu’ai-je pu faire par le passé
pour mériter ta volonté gnostique ?
Tu m’as donné tant d’yeux
qui ne me servent rien,
mais je t’implore mon Dieu,
moi, le simple terrien ! ”
“ Suffit ! ”, dit le dieu des lombrics.
“ Tu n’as certes pas une bonne acuité,
mais tu ne connais pas le secret…
le secret de ta fécondité !…
Vas ! Trouves la mouche dorée,
sur le chemin du pouvoir,
le chemin vénéré,
entre les barrières immenses
des montagnes Alpines. ”
Puis il disparut.
La mouche, intriguée par l’idée de draguer
prit ses pattes son cou
et partit en faire quatre cents…
“ J’en suis sure, y’a rien voir ! ”,
dit-elle dans un élan émancipateur.
C’est toute de noir vêtue
que la mouche disparut
dans la moiteur herbacée
d’une prairie violacée
par un soleil perforateur.
Le périple de sa quête
serait trop long expliquer
mais sachez que la mistinguette
en réellement bavé.
Arrivée Davos,
dans les Alpes Rhétiques,
la mouche reprit son souffle
oublié dans ce voyage érotique.
“ Mouche dorée, 10 Km ”,
lisait-elle sur une pancarte
qu’ils avaient dû omettre
d’indiquer sur sa carte.
Romaric, la mouche dorée,
vivait dans un palace.
Une espèce de diarrhée
complètement dégueulasse
qu’il venait d’acheter
une fourmi molasse.
A l’entrée de sa demeure
il y avait une foultitude de mouches
de toutes les couleurs
et de toutes les souches.
D’après l’impressionnante odeur
qui volait dans les airs,
elles étaient en chaleur
et toutes célibataires.
“ A la queue, comme tout l’monde ! ”,
criaient les plus fécondes.
Il faisait si chaud attendre debout,
que les mouches tombaient comme des mouches…
Elles entraient, une une
dans le royaume, et chacune
ressortait trois minutes après.
Lorsqu’arriva le tour
de la mouche nationale,
on entendit les tambours
de sa profondeur vaginale
qui résonnait dans les têtes
de celles qui chantaient tue-tête
l’hymne l’amour.
“ C’est donc toi que j’attends
depuis bien trop longtemps ! ”,
lançait Romaric en poursuivant.
“ C’est donc toi l’élue
qui engendrera la diversité
de notre race d’excitées ?!… ”,
lui faisant don d’une descendance
qui s’engouffra avec prestance
dans la machine fabriquer
des moucherons bien répliqués.
Peu de temps après,
les moucherons ont grandit,
se transformant en mouches
comme il était prédit.
Elles sillonnèrent le monde
en tournant sur elles-mêmes;
des mètres la ronde,
on les entendait quand même.
Elles se posent sur un bras,
on les repousse.
Elles se posent sur l’autre bras,
on les repousse nouveau,
et ainsi de suite…
Jusqu’ épuisement de l’un ou de l’autre.
C’est donc ainsi que s’est produit
l’histoire des mouches helvétiques
qui, par un destin tragique,
allaient nous gonfler pour la vie.

bravo ! zzzt c’est trop fort !