Le 7 avril 2006

Il y a des choses que je ne comprends pas.
Pourquoi les prix augmentent
et les salaires n’augmentent pas ?
Pourquoi certains pays vendent des armes
à leurs propres ennemis ?
Pourquoi des fanatiques tuent des innocents
pour se faire entendre ?
Pourquoi le journal télévisé
ne nous montre que des horreurs ?
Pourquoi les gens payent 45 francs
pour aller se faire peur au cinéma ?
Pourquoi sans argent, on perd sa dignité ?
Pourquoi le service militaire existe encore,
alors qu’en appuyant sur un bouton,
on pourrait faire sauter la Terre entière ?
Pourquoi chaque hiver et depuis des années,
les Chefs d’Etats et les gouvernements
s’étonnent du nombre de sans abris ?

Il y a en fait tellement d’absurdités,
que je me demande alors,
pourquoi je me pose toutes ces questions.

Le 7 avril 2006

Une vieille veuve solitaire et abandonnée
se balançait sur son rocking-chair
en pleurant.
Elle pleurait le chaton
qu’elle venait de perdre au marché,
le seul compagnon qui venait se nicher
dans ses bras fatigués.
C’était la doyenne du village
qui avait vu partir sa famille
ses amis, ses voisins,
et maintenant son chat.

Le 7 avril 2006

Par un matin d’été
Bernard le canard, remuait du popotin
sur le lac de Vincennes.
Il pataugeait, piquait des têtes,
battait des pattes,
lorsque la belle Zoé,
la canne du quartier,
vint le chercher.
Et comme il ne voulait pas venir,
elle décidait de prendre les devants.
Dis-moi Nanard, tu sais,
ton numéro d’ danseuse aquatique:
Il casse pas trois pattes à un canard !
Et elle se mit à rire…
Que dirais-tu d’ venir au grand festival,
le Festival de Cannes ?
Et bien à vrai dire,
ou à dire vrai,
je n’y avais jamais songé.
Alors bon, pourquoi pas ?…
Et ben c’est cool mon p’tit canard boiteux !
Fais tes valoches, on part à deux !

Douze heures plus tard,
arrivés à Cannes,
nos deux fêtards se sont rendus
dans un restaurant italien
où ils ont mangé une assiette de cannelloni.
Puis ils sont partis goutter des feuilles de cannabis
fraîchement coupées avec le petit canif
que tante Gertrude avait offert au canard de service.
Mais avec tout ça,
les deux canailles
avaient été tellement décalqués
qu’ils en avaient oublié
le pourquoi de leur venue.

C’est alors qu’à peine réveillée,
Zoé se rapprocha tendrement de Bernard,
et lui glissa dans l’oreille:
Dis, mon vilain p’tit canard,
tu m’fais perdre la tête !
Et à caus’ de toi, j’suis tombé sur un bec !
J’ai raté le spectacle
où j’aurais pu rafler
une nouvelle prothèse,
la merveille des merveilles,
le trésor des trésors:

La célèbre palme d’or.

Le 7 avril 2006

Bon ! Les bonbons sont bons !
D’accord, mais ta tata t’a tapé aux dents,
et t’as mal aux dents de devant maintenant.
Alors on dira que c’est à cause des bonbons de la bonne.
Je lui avais pourtant dit d’arrêter.
Les bonbons, c’est bien beau,
mais la bonbonne est vide à présent.
Et toi, t’as mal aux dents !

Le 7 avril 2006

Avez-vous déjà vu au cinéma,
dans les films de guerre
ou les films catastrophe,
comme la musique adoucit les morts ?

Le 7 avril 2006

Pourquoi les gens ne donnent-ils pas ?
Ils sont là assis, à discuter,
à regarder partout et nulle part à la fois
et lui, il est seul, en détresse,
ne montrant que sa maladresse
en mendiant comme il peut.
Dès lors,
tout le monde l’ignore,
tout le monde s’évapore,
et il se retrouve seul,
avec sa jambe en moins,
et sans aucun copain.
Il tend la main,
en priant son entourage
de bien avoir la bonté
d’au moins ne pas l’ignorer
et de ne pas l’éviter.
Ne serait ce qu’un sourire
ou alors un soupire
pour lui montrer qu’il est là ,
et qu’il ne pollue pas
notre vie stéréotypée
d’égoïste accompli.
S’il vous plaît, pensez-y…
Pour lui, pour vous,
aidez-le !…

Le 7 avril 2006

Qui sème le vent, récolte la tempête.
Ça aurait pu être un slogan.
Celui de Greenpeace
Ou du soleil levant.
Mais non, c’est un proverbe,
Que la plupart de Serbes
marmonnent dans leurs dents…

Le 7 avril 2006

La télé nous hypnotise,
on ne peut rien y faire.
C’est drôle quand même !
C’est l’homme qui l’a inventé,
et on reste là , planté,
à essayer de trouver quelque chose,
quelque chose de plus intéressant
que ce que l’on est en train de voir.
Quels déboires ?!…

On a oublié qu’on pouvait l’éteindre !
Qu’on pouvait décider
d’arrêter de zapper
pour regarder les conneries
qu’ils nous passent à longueur de journée.

Le 7 avril 2006

Un jour, dans un square,
un enfant jouait avec sa petite voiture.
Il riait, il chantait, dans le soir,
inventant toutes sortes de créatures.

Vroum, Vroum, disait-il,
alors que la nuit commençait à tomber.
Il était seul, comme un grand,
du haut de ses cinq ans,
dans le bac à poudre de verre
du paradis de son univers
triste et solitaire.
Pas de copain, pas de copine,
mais le coquin, d’humeur câline
n’avait nullement besoin
du monde des humains.
Je suis grand, je suis fort,
comme Tarzan, plus encore !…
Et sa voiture se mis à grandir
et commença de se nourrir:
une pelle, un seau,
une poubelle, des ciseaux…
Fais comme moi ! Lui dit-elle.
Mange des clous, des ficelles !
Et tu verras comme par magie
tes jambes pousseront, tes bras aussi…Et tu pourras crier haut et fort:
Je suis géant, je suis Musclor
et j’ai pas peur de tout ces morts
qui m’attaquent et jettent des sorts.
L’enfant se redressa alors,
fouilla les environs
et sur la grande île aux trésors
il trouva des champignons
qu’il avala sans précaution.
Ce qui devait arriver arriva:
l’enfant tomba malade,
et sur son lit d’hôpital
il pensait à l’erreur fatale
d’écouter sa voiture raconter des salades.

Le 7 avril 2006

Le souffle du vent
à travers les interstices de ma fenêtre
entretient mon ennui
par ce jour de sale temps.
Il pleut, il pleut bergère…
Bah oui ! il pleut…
Que veux-tu faire ?
On habite à Paris,
la ville de lumières,
de lumières de la nuit,
en plein jour…
Juste parce que le jour est sombre aujourd’hui.

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