AUTEUR ANONYME (0-0) : Un petit chien blanc

Un petit chien blanc
Sur un bâtiment
Tournait sa queue
Vers vers le soleil
Sa maman l'a vu
Il s'est encouru
Pipe galette pipe galou
Frisou !

AUTEUR ANONYME (0-0) : Je te vends ma vache

Je te vends ma vache
Bonne à beurre
Bonne à lait
Bonne à veau
Bonne à tout ce que tu voudras
Un plat de morue
Marché conclu
Ma vache est vendue.

AUTEUR ANONYME (0-0) : Une plaque de chocolat

Une plaque de chocolat
S'en allait en guerre
Elle dit à ses enfants
Gardez bien la maison
S'il vient un pauvre
Donnez-lui l'aumône
S'il vient un riche
Donnez-lui une gifle.

Auguste ANGELLIER (1848-1911) : Les caresses des yeux

Les caresses des yeux sont les plus adorables ;
Elles apportent l'âme aux limites de l'être,
Et livrent des secrets autrement ineffables,
Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.

Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d'elles ;
Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;
Rien n'exprime que lui les choses immortelles
Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.

Lorsque l'âge a vieilli la bouche et le sourire
Dont le pli lentement s'est comblé de tristesses,
Elles gardent encor leur limpide tendresse ;

Faites pour consoler, enivrer et séduire,
Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !
Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?

AUTEUR ANONYME (0-0) : La Tour Eiffel

La Tour Eiffel a trois cents mètres
Du haut en bas on voit la Seine
Pour y monter
Il faut payer
Combien ?

Guillaume abbé de CHAULIEU (1639-1720) : Epitaphe de Des Yvetaux

Ah ! que ce fameux personnage
Qui ne connut de lois que celle du bon sens
Des Yvetaux en notre temps
Pensa d'une manière et plus haute et plus sage
Jusqu'à la fin de ses jours
Il porta constamment panetière et houlette
Et dans les bras de ses amours
Expira mollement au son de la musette.
C'est lui qui par de doux accords
Pour mieux descendre chez les morts
Dut se faire une route aisée
Et sensible aux plaisirs en son dernier soupir
Fit d'un affreux moment, un moment de plaisir
Qui le mena à l'Élysée.

AUTEUR ANONYME (0-0) : Les araignées

Les araignées les araignées
Sortent le dimanche
Maman l'a vu
Papa l'a dit
Lundi mardi
Jeudi dimanche
Elles se tenaient toutes par la manche
Catherine sauve-toi
Si je t'attrape
Tant pis pour toi.

AUTEUR ANONYME (0-0) : C'est demain dimanche

C'est demain dimanche
La fête à ma tante
Qui balaye sa chambre
Elle trouve une orange
L'épluche et la mange
N'en donne pas à ses enfants
Ah ! la gourmande !

AUTEUR ANONYME (0-0) : J'ai faim

J'ai faim
Mange ta main
Garde l'autre pour demain
Et ta tête
Pour les jours de fête.

Louise ACKERMANN (1813-1890) : Le positivisme

Il s'ouvre par-delà toute science humaine
Un vide dont la Foi fut prompte à s'emparer.
De cet abîme obscur elle a fait son domaine ;
En s'y précipitant elle a cru l'éclairer.
Eh bien ! nous t'expulsons de tes divins royaumes,
Dominatrice ardente, et l'instant est venu
Tu ne vas plus savoir où loger tes fantômes ;
Nous fermons l'Inconnu.

Mais ton triomphateur expiera ta défaite.
L'homme déjà se trouble, et, vainqueur éperdu,
Il se sent ruiné par sa propre conquête
En te dépossédant nous avons tout perdu.
Nous restons sans espoir, sans recours, sans asile,
Tandis qu'obstinément le Désir qu'on exile
Revient errer autour du gouffre défendu.