VISION HYPER DURE D’UNE AMITIE QUI PERDURE

Il y a déjà quelques années,
Lors d’une expérience malheureuse,
Je me suis ardemment questionné
Sur les amitiés généreuses
Que l’on pouvait lier avec n’importe qui.

Je m’étais alors rendu compte
Que lorsqu’on était trop gentil,
Il ne fallait pas avoir honte
De la progressive apathie
Qui s’empare de notre forme physique.

On s’investit, on rend service,
Sans se douter un instant
De cette volatile avarice
Qui dévore ces charlatans
Soi-disant amis de trente ans.

ET LE TEMPS S’EN EST ALLE…

Le temps est relatif,
Lorsqu’on y réfléchit.
Comme un préservatif,
Il peut être un gâchis,
Ou comme une pilule,
Remplacer la pendule
De ce temps exhaustif
Qui nous a affranchit.

Ce qui est interminable pour l’un
Peut paraître anodin pour l’autre.
A vouloir jouer au plus malin,
Il n’est pas rare qu’on se vautre,
Dans cet univers très malsain
Où un couple comme un autre
S’est cassé comme un rien
Pour un temps Shakespearien
Qui était à la faute.

Etre ou ne pas être,
Je ne me pose plus de questions.
Je décide que cette lettre
En devienne mon bastion
Je ne veux plus me permettre
De jouer au scorpion :
Les instincts suicidaires
Dans toutes les relations,
Les amours meurtrières
D’une cristallisation
Font perdre la raison.

On a beau être « mûr »
Comme un fruit de saison,
On va droit dans le mur
Quand on vit sa passion
Et que personne n’est là
Pour y faire attention.
Etre trop généreux
C’est jouer avec le feu :
On finit par s’éteindre
Comme ce poème foireux.

Le temps est relatif
D’après ce que j’ai compris ;
Il devient répulsif
Lorsqu’on n’a rien apprit.
On peux croire être jeune
Et penser comme un vieux,
On peux croire en l’amour
Lorsqu’on est malheureux :
Etre jeune en amour,
Etre un vieux malheureux.

Un mois peut faire un an
Si l’on compte les minutes
Ça n’est plus excitant
Si l’on compte les disputes.
Un mois, c’est beaucoup trop
Si l’on n’attend plus rien.

Ici, le temps s’égraine,
La vie s’arrête.
Comme en Ukraine,
Une cigarette…
On fait le point,
On tourne en rond,
On ferme les points,
Sonnez clairons !

Le temps est relatif,
Il dépend du repère.
C’est un bon laxatif
Pour les idées austères
Qui envahissent l’esprit
De pensées très amères.

C’est dans ces moments-là
Qu’il faut positiver.
Penser à l’au-delà
Sans se laisser bouffer,
Car la vie est un pugilat,
Trop courte pour la laisser filer.
Balayer les pensées,
Avec les azalées ;
Balayer les idées,
Le temps s’en est allé…

PARIS

Il parait que Paris
est la plus belle ville du monde.
C’est possible…
Mais moi, j’en sais rien,
j’y habite !

RENTREZ VOS BLANCS MOUTONS !

C’était un lundi matin, à la campagne
Mais pas un lundi comme les autres
C’était le Grand Lundi
celui de la rentrée des classes
Le premier grand jour
où Matthieu allait devenir grand
Pour lui, ce jour-là était si important
qu’il était debout avant tout le monde
Il s’est levé tout seul
s’est dirigé vers la cuisine
sans faire de bruit
puis s’est préparé son petit déjeuner
tout seul
sans un bruit
puis il est partit se laver les dents
avec sa nouvelle brosse à dents
celle avec le petit chien
dessiné sur le manche
Il s’est habillé
avec son beau pantalon à pince
du mariage de tante Gisèle
a préparé son cartable
son nouveau cartable
et il est parti
sans faire de bruit

Sur le chemin de l’école
il a alors rencontré
un escargot
Et comme il était beau
il s’est dit que sans doute
il allait à l’école, lui aussi
et il s’est mis à courir

Malheureusement, ce jour-là
il pleuvait
Et des escargots
Matthieu en voyait
Il en voyait tellement
qu’il ne s’arrêtait pas de courir
jusqu’aux portes de l’école
Matthieu voulait être le premier !
Mais à force de courir
il s’est retrouvé seul devant cet énorme édifice
seul, à attendre, à attendre
à attendre encore
si bien qu’à force d’attendre
il en pleura de désespoir
et retourna chez lui
la tête basse
bien triste de n’avoir pas connu
sa première rentrée des classes

DE CHOSES ET D’AUTRES

Parler pour ne rien dire,
de la pluie et du beau temps
qui passe, passe, passe, irrémédiablement.
En veux-tu, en voilà ,
peut-être, pourquoi pas,
ça dépend, si tu veux…
Parler pour ne rien dire,
ou pour passer le temps,
qui passe, passe, passe,
et s’enfuit dans le vent.

LA BOXE

La boxe est un beau sport.
C’est le seul sport
où les deux adversaires se tapent dessus,
dans les règles.
Mais ils se font tellement mal,
qu’ils finissent par se haïr,
et se haïr tellement,
qu’ils pourraient se tuer sur le ring.
Et pourtant,
la cloche sonnée,
toute cette haine accumulée
disparaît d’un seul coup.
Ils se jettent alors dans les bras l’un de l’autre,
et se félicitent.

J’AI PEUR

Dans un jardin d’enfant
du 12ème arrondissement,
une bande de bambins
jouaient aux cow-boys et aux indiens.
C’est bizarre la vie…
Déj tout petit,
on aime tuer et faire du mal.
Et sans s’en apercevoir,
on cultive ce mauvais côté de sa personne
dans des jeux anodins qui résonnent.
Et puis d’un coup:
BOUM ! Une bombe explose !
Plus d’enfants, plus de jeux,
les parents malheureux
s’évaporent dans le désespoir et le désastre
de quelques fous qui jouent
eux aussi, avec la vie.
Sans doute n’avaient-il pas compris
que la vie, la vie des autres,
n’est pas un jeu,
et qu’elle est plus importante que la mort des enjeux.

HISTOIRE D’EN RIRE

Yvette venait d’accoucher.
Et comme Lucien, son mari
était aussi inculte que celle-ci,
ils avaient oublié
de trouver un prénom
pour le dernier venu à la maison.
Ils prirent alors le calendrier des Postes,
se tinrent la main,
rejoignirent leurs index respectifs
pour n’en faire plus qu’un,
fermèrent les yeux,
et posèrent leur index au hasard.
C’était décidé,
leur enfant s’appellerait à présent:

Fête Nationale.

PAUVRE DE MOINE !

Il était vêtu d’une soutane,
mais personne ne l’aimait,
car il était nouveau
dans le monastère de Chimay,
petite ville de Belgique.
Tout les moines se moquaient de lui.
Ils le narguaient tellement qu’un jour,
il en bafouilla et dit tout haut:
L’abbé ne fait pas le moine !
Et tout le monde rigola.

RESTEZ ZEN…

Avez-vous jamais remarqué
le syndrome de la caisse maudite ?
Ne bougez pas je vous explique !
Vous voudriez comprendre pourquoi au supermarché
c’est toujours la caisse que vous choisissez
qui se bloque tout d’un coup ?
Pourtant,
trente secondes avant que vous n’arriviez,
tout allais bien, tout fonctionnait ?…
Mais dès lors que vous y mettez le pied,
comme par enchantement, tout se déglingue:
La caissière n’a plus de monnaie,
le client n’en a pas non plus.
le suivant craque nerveusement
et décide de faire marche arrière,
comme si ce n’était pas suffisant…
Alors, voyant que la file d’ côté
avance deux trois fois plus vite que la votre,
vous décidez de déboîter.
C’est alors que votre charmante nouvelle caissière
vous remet en boite en vous disant
d’un air qui signifie:
“ prépare-toi mon vieux !”,
C’est fermé !!!

Et bien ça, ça ne s’explique pas !
Alors dîtes-vous que vous n’êtes pas maudit,
et que c’est pareil pour tout le monde
des kilomètres la ronde.
Mais surtout:
Restez ZEN !